Confidentialité
Rien de ce qui est dit ne sort de la salle et rien ne peut être invoqué devant un juge. Cette règle protège la parole, donc la possibilité même d’un accord.
Il n’y avait qu’un pas. Je l’ai franchi le jour où j’ai compris que gagner un procès et régler un conflit sont deux choses différentes.
Claire Cunnac Dupouy Médiatrice · Biarritz, Pays basque
L’idéal de justice et de restauration de la paix sociale m’a d’abord menée vers la profession d’avocat. J’ai vite été échaudée par le traitement du contentieux par la voie judiciaire.
Outre les délais imposés par la Justice et le manque de temps des magistrats pour étudier les dossiers en détail, il y avait ce travestissement de la réalité auquel nous procédons, nous, avocats, pour rattacher les faits au droit et obtenir gain de cause. J’ai pris conscience que l’application stricte de la loi — générale, impersonnelle, a priori juste — peut conduire à des résultats injustes, inéquitables, excessifs.
De cette pratique, j’ai tiré une conviction dont je ne me suis jamais départie : le procès n’est que l’ultime solution.
Sensible aux injustices et aux tourments de ceux qui se trouvent en situation de conflit, j’ai suivi pendant plus d’un an la formation aux Modes Amiables de Résolution des Différends (MARD) au sein de l’université de Pau.
Elle m’a donné les outils pour développer mon sens de l’écoute et mettre à profit mon empathie afin d’aider les personnes en situation de conflit à trouver elles-mêmes une solution, en dehors du cadre judiciaire.
Je me suis armée pour restaurer la paix. De soldat, je deviens casque bleu.
Le passage par le barreau n’est pas anecdotique dans la conduite d’une médiation d’entreprise.
Durée réelle d’une procédure, coût cumulé, aléa d’une décision, effets sur les équipes : je peux poser ces éléments sans dramatiser ni minimiser.
Les avocats des parties sont des alliés du processus, pas des obstacles. Savoir dialoguer avec eux accélère considérablement la phase d’accord.
Droit du travail, droit des sociétés, relations commerciales : je saisis rapidement la structure juridique d’un dossier, ce qui me permet de me consacrer entièrement à ce qui se joue entre les personnes.
En médiation, je n’ai aucun intérêt à la solution du litige et je ne conseille personne. Cette neutralité est la condition de la confiance, et elle est totale.
Rien de ce qui est dit ne sort de la salle et rien ne peut être invoqué devant un juge. Cette règle protège la parole, donc la possibilité même d’un accord.
Je n’ai aucun lien avec les parties, leurs conseils ou leurs intérêts, et aucun intérêt à l’issue du litige.
Je ne consulte aucun dossier et ne porte aucun jugement sur le fond. Je pars du postulat que chacun a raison, selon son propre point de vue.
Le même temps de parole, la même écoute et la même exigence pour chacun, quels que soient le rapport de force ou la position sociale.
La neutralité du médiateur n’est pas une question de parcours mais de posture et de cadre. En médiation, je ne conseille aucune partie, je ne consulte aucun dossier et je n’ai aucun intérêt à l’issue du litige. La convention de médiation formalise cette indépendance, et chaque partie peut mettre fin au processus à tout instant si elle estime que cette neutralité n’est pas respectée.
Oui. Lorsqu’un litige mêle des problématiques professionnelles et familiales — entreprise familiale, divorce d’associés, transmission — je peux intervenir aux côtés d’un second médiateur spécialisé. Deux regards complémentaires permettent alors de traiter les deux dimensions du dossier sans en sacrifier une.
Non, et c’est une règle importante. L’accord est rédigé par les conseils des parties, qui en vérifient la sécurité juridique et la portée pour leur client. Mon rôle s’arrête là où commence celui de l’avocat : je conduis les parties jusqu’à la solution, ce sont leurs conseils qui la mettent en forme.
Vingt minutes suffisent généralement pour comprendre votre situation et vous dire si la médiation a des chances d’aboutir.